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 Le renouveau [monopost]

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Khildar
Chef du clan Shiroï
Chef du clan Shiroï
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Feuille de personnage
Espèce: Humain
Niveau: 10
Clan: Leader du clan Shiroï

MessageSujet: Le renouveau [monopost]   Lun 12 Avr - 20:21

Etrangement, il faisait beau. Le ciel était certes parsemé de quelques nuages blancs qui se déplaçaient mollement et sans grande conviction mais dans l’ensemble, il était acceptable de dire qu’il faisait beau. Le soleil déversait son lot de rayons sur la ville et le reste de cette partie de la planète, chauffant ainsi la terre, l’air, l’eau, les bâtiments ainsi que les habitants. Des oiseaux effectuaient des ballets aériens dans le fol espoir de charmer les femelles afin de se trouver une compagne et par conséquent s’assurer une descendance. D’autres restaient sur les toitures ou sur des points élevés et observaient d’un œil morne la population qui s’agitait en bas. Des hommes et des femmes se muaient sur le sol bétonné des trottoirs pour se rendre à leur lieu de travail ou bien pour aller se divertir pour ceux qui avaient la chance d’avoir des jours de congés ou bien les moyens de se distraire. Il y avait bien sûr des enfants qui se déplaçaient, couraient, se coursaient ou bien marchaient tranquillement, selon le caractère ou la disposition de chacun vis-à-vis de leurs parents, présent ou non. Ce théâtre de la vie urbaine avait ses attraits mais aussi ces défauts repoussants. Il suffisait de se trouver au bon endroit. Ou ne pas le faire, et se retrouver dans des situations délicates.

La vie est une succession de choix : un homme ou une femme ? Aimer ou Haïr ? Vivre ou Mourir ? Et un choix en engendre un autre, et ce, pour l’éternité. Choisir de venir dans cette ville entraînait le choix d’un logement. Choisir de se loger à l’orée de la forêt impliquait le danger des mauvaises rencontres et ainsi de choisir un moyen de s’assurer quelques protections. Choisir le clan Shiroi comme protecteur amenait à choisir la façon de le servir au mieux. Choisir de servir les Shirois en leur donnant des informations ne supposait pourtant en rien le fait de devoir par la suite prendre la place du chef et continuer son œuvre et même l’améliorer.

Parmi les passants de cette avenue très passagère tant au niveau des piétons qu’au niveau des voitures, un homme se démarquait. Il portait un haut de forme rouge visible à des miles de là. Ensuite étaient visibles les cheveux teints en blanc qui dépassaient. En se rapprochant, la veste rouge dénotait encore plus dans le paysage, suscitant la curiosité des hommes et des femmes qui arpentaient cette avenue. La tenue était complétée par un pantalon rouge et une chemise blanche visible au devant, la veste n’étant que peu fermée. Une cravate rouge accentuait le débordement de la couleur si vive. A ses mains, l’homme portait des gants blancs. Il tenait dans ses mains une sacoche de cuir noire qui avait l’air assez remplie.
L’air digne, le pas décidé, le visage teint de blanc comme le reste du corps exprimant une noblesse insoupçonnée pour une telle excentricité dans le style vestimentaire, l’homme vêtu de rouge s’avançait et fendait la foule tel un filet de sang s’écoulant le long d’une gorge. Changeant parfois de direction brusquement, surprenant les gens qui arrivaient devant lui, il marchait toujours. A un passage piéton, alors que tout le monde attend sagement que le feu leur signal la possibilité de traverser, il continua tout droit, imperturbable dans le concert de klaxon et de freinages qui suivit son avancée suicidaire. Les conducteurs le gratifièrent de gestes et de propos injurieux mais il continua sa route comme si de rien était. Fort heureusement, il n’avait occasionné aucun dommage.

Une tour de plusieurs mètres de hauts comportant un certain nombre d’étages se dressait dans la jungle de verre, le soleil se reflétant avec éclat dans les vitres. A son pied, l’accès principal. Une double porte vitrée gardée de par et d’autres par quatre vigiles en tout. L’homme aux tendances suicidaires entra en saluant avec un grand sourire les quatre hommes qui lui rendirent son sourire. Une fois dans le hall d’accueil, il se dirigea vers les réceptionnistes, une femme et deux hommes. Le hall était lumineux, aménagé avec goût sans excès, des fauteuils et deux canapés noirs entourant une table basse en verre où reposaient dessus plusieurs magasines sur la sécurité d’une entreprise, l’économie ou des journaux achetés le matin même.
Quelques plantes vertes ponctuaient le tout d’une touche agréable, mettant de suite l’arrivant en confiance dans une ambiance calme et détendue, le doux bruit continue de la petite fontaine derrière le comptoir de la réception contribuant à cette sérénité. Le nom de la société était visible au mur au dessus de la fontaine :


Citation :
Safety Corporation

Des brochures explicatives et les réceptionnistes étaient là pour aider au mieux les arrivants et les demandeurs pour les diriger vers les services adéquates. L’homme aux longs cheveux blancs passa devant la réception en salua d’un aimable sourire les deux hommes et esquissa un vague baiser soufflé en direction de la femme qui répondit par un sourire et une indication :

"Ils sont à la salle de réunion n°3. Ils vous attendent. "

La réponse fut dite sur un ton calme :

"Parfait, dites leur que j’arrive, le temps de gravir les cinq étages nous séparant. "

Elle hocha la tête et tandis qu’il se dirigea vers les escaliers, il l’entendit faire parvenir l’information. L’ascension commençait. Pendant le trajet, il se remémora les divers éléments qui l’avaient obligé à prendre cette fonction qu’il convoitait, certes, mais pas si tôt. Il n’avait pas eu le temps de s’organiser et maintenant, il était devant le fait accompli : il devait redresser la situation chez les Shirois sous peine de se voir remercier sur le champ pour incompétence. L’incompétence. C’était semble t il une tare qui ternissait l’image de ce clan.
Pourtant, les équipes faisaient un travail plus qu’acceptable pour préserver l’existence des immortels et protéger la population de Tokai et ses environs. Il était vrai que récemment, la situation devenait tendue. Ils étaient débordés et devaient couvrir plusieurs fronts. Des vampires errants qui s’attaquaient aux passants tardifs étaient tués par dizaines chaque mois, mais c’était trop peu.

Rihlan avait fait du bon boulot pour organiser le clan. La structure du clan reposait sur des cellules indépendantes qui pouvaient s’autogérer à courts termes en cas d’absences d’ordres de leur supérieur. Ce qui avait été le cas. Même lorsque la situation au sein du commandement du clan était plus que floue, la traque des vampires et des lycans nocifs à la population se poursuivait. Il y avait deux branches principales. Celle d’intervention qui s’occupait de défendre la population par des patrouilles diurnes et nocturnes et de mener des raids contre les immortels sur ordres de leur supérieur et de faire en sorte de nettoyer les massacres, collaborant étroitement avec la police. Et celle de l’information, que dirigeait il y a peu Khildar BlackSilver qui se chargeait de la collecte d’informations concernant les immortels, l’analyse de celles-ci pour pouvoir les transmettre avec tout les détails possibles aux groupes d’interventions. Mais aussi la communication avec les divers organismes tels que la police ou les médias était une autre occupation prépondérante de la branche d’information. Les nouvelles données aux journaux pour expliquer les massacres qui n’avaient pas pu être maquillés, l’échange de bons procédés et d’informations avec le corps policier, tout cela était le lot de cette branche.

De cette manière, Khildar avait pu de nombreuses fois discuter avec le maire de Tokai et un bon nombre de policiers. Il s’était même lié d’amitié avec certains, étendant toujours plus son réseau d’Ombres.
Le réseau d’informateur propre au clan était lui aussi efficace et faisait des comptes rendus réguliers de la situation. Coupant les éléments qu’il avait avec ses Ombres, Khildar pouvait de cette manière fournir des informations claires et précises aux groupes d’interventions, leur garantissant la sécurité et un rendement sans égal.

Pour parfaire les bases de Rihlan, Khildar avait lancé toute une opération de camouflage de leurs activités. Naturellement, l’ancien chef de clan l’avait commencé, mais son travail était resté inachevé, le Palladium restant un immeuble cachant trop de secrets à la fois. Khildar décida d’éclater le tout pour une optimisation.
Le Palladium devenait le siège d’une importante société de protections de biens et de la personne fournissant pour touts les types d’entreprises des vigiles, des gardes du corps, des gardiens. Cette société se nommant Safety Corporation et possédait un siège social à Tokyo, là où le président Allgood se chargeait du côté administratif de la chose.De cette manière, il était normal de posséder un stand de tir et des salles d’entraînements au sous sols. De plus, le port des armes pour les membres du clan était excusé par leur travail. Ainsi, les Shiroi devenaient présent dans tous les lieux publiques comme le musé, le casino, la banque et tout les endroits où il était nécessaire d’avoir des gardiens. Bien sûr, ils travaillaient main dans la main avec les policiers.
Le centre de recherche douteux dans la zone industrielle devint le grand complexe de recherche pharmaceutique pour la société internationale Eugénics, connue pour ses récentes découvertes concernant la réaction de la peau aux rayons UV et aux diverses maladies génétiques. Dirigée par Ringo Muto, cette société florissante possédait son siège dans le même immeuble que celui de la Safety Corporation mais de manière moins visible.
Le concessionnaire fournissant des voitures customisées à la limite de la loi et vendant parfois des armes resta en l’état, le déménagement faisant râler Keith.
L’usine de fabriques d’armes devint rapidement la propriété de la famille BlackSilver, n°1 en production et vente d’armes blanches et n°5 en vente d’armes de tout types, fournissant occasionnellement les armées de tout pays, cette usine ci étant devenu le premier fournisseur de la base militaire située non loin de Tokai.

Les couloirs étaient silencieux. Glissant presque sur le sol, Khildar s’avançait tranquillement vers la salle de réunion. Il entra doucement, poussant la porte d’un geste lent. Il ôta rapidement son haut de forme pour le mettre sur le portemanteau situé à sa droite et y mit par la même occasion sa veste, sentant déjà la chaleur qui émanait de cette pièce où trois hommes et deux femmes le dévisageaient d’un œil suspicieux. Il sourit et garda ce sourire bienveillant pour se placer dans un fauteuil situé au bout de la table en imitation bois.
La réunion allait porter sur l’avancement des recrutements pour la Safety Corporation, que du bonheur en perspective. Il était là en tant qu’adjoint et second président de cette société non pas en tant que nouveau chef de clan Shiroi. Il écouta pendant des heures les doléances de ces hommes et femmes d’affaires, en proposa, en rejeta, organisa le tout et après une longue discussion sur l’avenir prometteur pour cette nouvelle société, ils se retirèrent, laissant Khildar seul qui se massait les tempes.

Une secrétaire aux jambes d’une longueur infinie lui apporta un verre d’eau. Il la remercia d’un sourire tendre et lui demanda de rester un peu à ses côtés, sa présence lui étant nécessaire d’après lui. Il était déjà connu dans le service pour ses excentricités ainsi que pour son titre de Lord dont il ne se cachait aucunement. Parmi le personnel, on avait retenu de lui ses étranges comportements aussi imprévisibles que parfois amusant ou franchement effrayant, comme la fois où il avait failli balancer un employé du haut d’une fenêtre du septième étages, le motif de la dispute paraissant flou aux yeux de tous. Ce qui était clair, ce que plus personne n’avait revu la victime de l’altercation.
La secrétaire aux longs cheveux châtains et aux yeux marrons clairs s’assit sur l’invitation de cette homme fascinant dans un des sièges de la salle de réunion. Il prit le verre d’eau et le porta à ses lèvres pour faire couler dans sa gorge sèche de cette conversation le liquide rafraîchissant. Il reposa avec délicatesse le verre et porta son regard bleu acier sur le visage et plus précisément dans les yeux de la jeune femme.
Elle s’appelait Nathalie. Nathalie Gracian, il en était sûr. Lors de sa visite des locaux et de discussion tardive avec les employés, il avait entendu ce nom pour cette personne. Son visage semblait exprimer une continuelle envie de vivre. Elle respirait le bonheur et le faisait savoir rien que par son attitude et les traits de son visage. Un sourire toujours présent, ses yeux pétillant de joie. Pourtant, en cet instant, ses lèvres exprimaient de la gêne, ses yeux de l’indécision. Elle avait passé trois fois ses mains le long de sa jupe depuis qu’elle s’était assise mais n’avait cessé de porter son regard sur l’homme en face d’elle tout en prenant soin d’éviter le sien. Elle se tenait droite, tout comme lui.
Il fit appel à sa mémoire et le dossier sur cette jeune femme lui revint.


Citation :
Nathalie Gracian, née Louvière à Paris en 1984 de Madame Marie Louvière et Henri Gracian. A passée son enfance dans la région parisienne. Pas de frère ou sœur connu. Son père était cadre dans une société de vente de produits textiles. Sa mère s’occupant d’enfant dans une garderie. Bon parcours sans faute, a passé son BAC avec mention bien et est rentrée dans une école de commerce. A obtenu son diplôme et s’est mis en quête d’un travail. Elle fit des petits boulots dans la restauration et dans des magasins de piètres importances lorsque une opportunité se présenta : employée dans une grosse société vendant des services. Elle commença au plus bas, elle était secrétaire. Puis à cause de la conjoncture économique dramatique, on dût la remercier. Entre temps, son père était mort d’un accident vasculaire, sa santé s’était faite fragile mais il avait continué de travailler d’arrache pied. Elle retrouva un poste dans une société qui venait de se fonder : Safety Corporation. Malheureusement, le siège se trouvait au Japon. Elle saisit toutefois l’opportunité qui s’offrait à elle, le salaire était bon et fait curieux, on lui promit de payer ses déplacements vers le continent. Elle embrassa sa mère en lui jurant de venir la voir le plus souvent possible et de lui envoyer le plus possible de l’argent pour qu’elle puisse payer les factures. Elle fût émerveillée par le Japon et étonnée par Tokai, cette ville qui semblait un mélange étrange de plusieurs cultures et même d’époques. Elle se mit au travail rapidement et était pleinement satisfaite de son emploi, on la guidait, l’aidait si besoin se faisait sentir, l’équipe était solidaire et joyeuse. Tous venait de divers horizons et la langue usée principalement pour que tout le monde puisse se comprendre était naturellement l’Anglais.

Pas de petit ami connu mais on lui avait fait des avances. Cela, se n’était pas sur son dossier mais sur elle-même qu’on le lisait. Elle ne cherchait pas spécialement à plaire mais soignait suffisamment son apparence pour être remarquable.

Il lui sourit tendrement et prononça d’une voix douce en croisant ses jambes, prenant une pose décontractée :


"Savez vous qui je suis ? Je suis sûr que vous le savez … En tout cas, je sais qui vous êtes … Nathalie Gracian, secrétaire et consultante pour le traitement des dossiers finis de cette société. Je sais aussi que vous êtes ravissante et que vous plaisez beaucoup … "

Il la regardait avec un air bienveillant et paraissait extrêmement détendu.

Elle répondit sans se démonter, restant droite sur sa chaise, son visage gardant son expression enthousiaste :


"Je sais que vous êtes Khildar BlackSilver, l’adjoint du président de cette société et que vous êtes un incorrigible dragueur ainsi qu’un original aux manières excentriques. J’ai pu voir quelques de vos peintures … Elles sont pour le moins … spéciales. "

Il rit d’un air léger et décroisa ses jambes pour se lever, commençant à arpenter la pièce d’un pas calme. Il portait son regard sur l’ensemble du mobilier de la salle de réunion et déclara d’un ton toujours aussi doux :

"J’aime les formes et les esprits agréables à apprécier … Et vous en faites parti. "

Il se posta derrière elle et observa le ciel bleu qui s’étendait devant lui. Elle pouvait le voir dans le reflet de la vitre en face d’eux. Il se pencha sur elle et lui glissa à l’oreille sur un ton de confidence :

"Je suis désolé, mais lorsque je vois une aussi adorable rose qui se pare de si belles pétales, je ne puis que succomber au désir de l’admirer jusqu’à ce que je puisse la saisir entre mes mains, ses épines la quittant. "

Elle garda le silence, lui souriant dans le reflet d’un air gêné et lissa pour la sixième fois sa jupe bleue. Ses cheveux blancs se mêlaient aux châtains de la jeune femme et chatouillait le cou de la secrétaire. Elle tourna la tête et s’aperçut qu’il était vraiment très près de son visage. Elle répliqua d’une voix mal assurée :

"On ne m’avait pas menti … Vous êtes vraiment un dragueur qui flatte tout ce qui trouve intérêt à ses yeux. "

Il se déplaça de façon à se retrouver à genou à sa droite et il leva la tête pour voir ses yeux et lui souffler :

"Je l'avoue, je suis coupable de tomber en pâmoison dès qu’un ange se trouve devant moi. Je ne puis résister à l’appel de la beauté, il me faut la louer dès que je la voie. Et vous êtes merveilleusement belle …"

Il approcha son visage teint de blanc vers celui rougissant de Nathalie qui ne savait que faire, son esprit en ébullition. Elle ne savait qu’elle conduite adopter et était plus que troublée face à cette homme si … fascinant. Cependant, elle s’approcha elle aussi de Khildar. Il avança une de ses mains gantées vers sa joue et la caressa avec une tendresse si infinie qu’elle succomba et ferma les yeux. Le baiser qui suivit ne fut certes pas son premier, elle avait déjà connu des garçons avant d’être muté au Japon mais la tendresse qui en émanait la surpris tout autant qu’il la remplissait d’un sentiment intéressement grisant. Elle se sentit perdre pied et se laissa porter par sa joie et sa passion, ses mains se mettant à caresser la nuque de cet homme qui l’embrassait avec douceur et dont les mains gantées parcouraient ses joues, sa nuque, son cou.

Quelque peu essoufflée après cet échange passionné, elle s’écarta de lui et le regarda en se pinçant les lèvres, comme si elle venait d’être prises sur le fait d’une faute grave. Il lui sourit tendrement et se leva, lui caressant une dernière fois la joue. Il lui tourna le dos et observa la vue qui s’offrait à lui.
En bas, les fourmis travailleuses qui s’agitaient dans les artères de bétons. Plus loin, la ville et ses bâtiments qui reflétaient le contraste social présent. Enfin, à l’horizon commençait la mer. Ils étaient trop loin pour distinguer quoique ce soit, mais le spectacle n’en restait pas moins admirable. Il se retourna et vit que la jeune femme se tenait derrière lui, les mains occupées à lisser une fois de plus la jupe. Elle le regardait cette fois ci droit dans les yeux et hésita à parler. Elle ne savait pas quoi dire, elle avait la tête en feu. Ses pensées se bousculaient, elle ressentait des sentiments contradictoires, elle avait froid et chaud à la fois. Elle était perdue mais heureuse d’avoir vécue cet instant. Ses yeux exprimaient ses doutes.
Il s’approcha d’elle et la serra dans ses maigres bras et l’embrassa au cou, caressant ses cheveux et lui disant simplement
:

"Merci. Tu es vraiment merveilleuse. Je ne t’oublierais jamais. "

Il se détacha d’elle après l’avoir serrer longuement. Elle ne disait rien mais son esprit était sur le point d’exploser sous l’importance des questions. Il compléta :

"Tu dois te sentir un peu perdue et te demander ce qui va se passer ensuite ? "

Elle hocha la tête. Il lui dit dans les yeux d’un ton sérieux :

"Rien. Il ne va rien se passer, je suis désolé. Autant il est vrai que tu es merveilleuse et que jamais je ne t’oublierais, autant il est certain qu’il ne se passera rien de plus. Je suis navré de te faire subir cela, de troubler ton esprit à ce point par mon attitude si … spéciale, mais c’est ainsi. Dès que je passerais le pas de cette porte, tout rentrera dans l’ordre et ce sera fini. "

Elle le regarda d’un air perdu, elle ne savait pas comment réagir, si elle devait le gifler ou fondre en larmes, ou faire les deux. Elle décida de prendre un autre choix : ne rien faire. Elle le regarda s’éloigner avec sa démarche aristocratique, mettre sa veste avec élégance et prendre son haut de forme rouge entre ses mains gantées avec délicatesse. Il se retourna une dernier fois avant d’ouvrir la porte et lui lança :

"Encore désolé. "


Elle lui tourna le dos et il sortit de la pièce pour se diriger vers les ascenseurs avec pour but une autre réunion plus importante : celle de l’accueil de l’envoyé du gouvernement pour faire le bilan de la situation.
En entrant dans l’ascenseur, il jeta un bref coup d’œil vers la salle de réunion. La jeune femme en sortait et ne porta aucun regard dans sa direction. Toutefois, il put remarquer les yeux rougis et le mouchoir jeté dans une poubelle. Elle avait oublié de reprendre le verre d’eau. Les rayons du soleil traversèrent le verre et le reste d’eau pour produire des myriades de couleurs et des formes éclatantes et étranges sur la table.

L’ascenseur le monta jusqu’au septième étage et il traversa les couloirs d’un pas décidé, tenant toujours à sa main sa sacoche noire et de l’autre son haut de forme rouge. Il entra enfin dans une pièce située au fond d’un couloir. Cette petite pièce ne contenait que des cartons, une photocopieuse et des étagères métalliques remplies de dossiers. Il posa son haut de forme sur la photocopieuse hors service et entra dans la pièce contiguë à celle qu’il venait de traverser. Plus éclairée, plus spacieuse et beaucoup mieux aménagée, cette pièce était meublée de trois tables, toutes entourées de fauteuils confortables, d’armoires, d’étagères et autre meubles de rangements. Aucune fenêtre. Par contre, trois hommes plutôt costauds patientaient assis dans les fauteuils. A sa vue, ils se redressèrent et esquissèrent un vague salut militaire. Khildar leur sourit d’un air bienveillant, leur indiquant qu’ils pouvaient se rasseoir d’un geste explicite de la main. Il se posta devant une des armoires et ouvrit une des portes pour rentrer un code à cinq chiffres sur la couverture d’un faux classeur. Se rentrant dans le mur, l’armoire céda un passage au nouveau chef de clan Shiroi qui avait aménagé ce passage vers l’immeuble qui jouxtait celui du siège de la Safety Corporation. Ainsi, le véritable QG des Shiroi était dans l’immeuble à côté, presque similaire à celui du siège de leur société écran. Il emprunta un court couloir éclairé par des lampes murales d’où émanait une faible lueur bleutée pour arriver dans un petit hall. Plusieurs portes s’offraient à lui. Un des cinq gardes lui indiqua celle de droite. Il hocha la tête et emprunta à nouveau un autre couloir.

Il ouvrit enfin une porte et entra en souriant dans une salle de réunion où l’attendait l’envoyé du gouvernement assis dans un fauteuil, tourné vers un des murs de la pièce. Il fallait faire remarquer que peu de pièces du QG Shiroi comportaient des fenêtres, simple mesure de sécurité évidente. Bien sûr, le passage utilisé par Khildar n’était le seul possible pour accéder au QG. A son arrivée, l’envoyé tourna la tête et révéla un visage sérieux, un crâne chauve et des lunettes noires. Emballé dans un costard cravate noir, l’homme d’une quarantaine d’année dévisagea ostensiblement Khildar. Dans la pièce se trouvaient deux autres hommes que Khildar n’avait jamais vus et qui semblaient être avec l’homme chauve à cause de leur costume identique.
L’aristocrate avança sans se soucier du regard inquisiteur posé sur lui et se planta devant l’envoyé gouvernemental. Il s’inclina en portant sa main sur son cœur, son autre main posant sa sacoche à terre. Il prononça d’une voix respectueuse tout en souriant, un brin moqueur :


"Soyez le bienvenue dans nos murs. Je pense que vous êtes au courant de mon identité… Pourrais je prendre connaissance de la vôtre ? "

L’homme au crâne rutilant poussa une sorte de grognement que Khildar ne put identifier comme étant moqueur ou exaspéré mais peut lui importait. Une voix grave et monocorde lui répondit :

"Cessez donc vos manières BlackSilver. Nous ne sommes pas un de vos publics naïfs que vous séduisez par vos paroles et vos gestes milieux. Et si vous targuez d’être assez puissant pour occuper ce poste, vous devriez savoir qui je suis. "

Se redressant, Khildar perdit instantanément son sourire et son visage n’exprimait plus qu’une seule émotion : le mépris absolu. Ses sourcils rouges se froncèrent et du haut de son digne maintien, il contempla l’homme devant lui. Il articula d’une voix ponctuée d’un mépris palpable :

"Reiji Midô. L’envoyé de gouvernement pour savoir où en sont les Shiroi dans leur mission de protection de la population contre les immortels. Arrivé à ce poste convoité par des moyens peu recommandables mais efficaces. L’ombre du chef suprême commandant les divers corps de luttes contre les immortels. Le maître absolu. Vous en êtes le second. "

Khildar se détourna de cet homme qui transpirait l’orgueil par tous les pores de sa peau et s’assit dans une pose volontairement décontractée, croisant ses jambes et appuyant sa joue contre son poing tandis que son coude était sur la table.
Reiji déclara d’une voix ferme sans détacher son regard de l’énergumène qu’il avait devant lui :


"Puisque vous savez qui je suis et pourquoi je suis ici, autant aller à l’essentiel sans tarder. J’ai lu les rapports des derniers mois. Ils sont catastrophiques. Je vous rappelle que cette institution a été créée dans le seul but d’éradiquer la menace causée par l’existence de ces êtres. Les Shiroi sont là pour résoudre le problème par la voie diplomatique, limitant le plus possible les massacres et faisant tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger la population et dissimuler la vérité aux habitants. Toutefois, malgré les moyens mis à votre disposition, vous n’avez put régler le problème ou tout du moins, limiter le plus possible les dégâts. Les résultats sont des preuves accablantes de l’incompétence notoire de ce clan. Le clan Kuro, lui, a obtenu des résultants nettement plus probants. Dans la banlieue de Kyoto, plus aucun immortel qu’il soit vampire ou lycan ne vit en liberté. Soit ils ont été éliminés, soit ils croupissent dans des cellules pour être étudiés dans nos laboratoires spécialisés. Qu’a obtenu les Shiroi ? Un changement constant de chef. Une situation incontrôlable entre les races. Une guerre permanente. Un véritable désastre."

Khildar avait écouté ce résumé de la situation avec un dédain exagéré. Il savait que ce clan n’avait que peu de poids dans la bataille, mais il ne s’en tenait pas pour responsable et se fichait pas mal de ses prédécesseur, mis à part de Rihlan qui avait été son supérieur direct. Il frappa brusquement sur la table de son poing et se dressa pour pointer du doigt ce Reiji qui lui faisait la leçon. Il éructa d’un ton colérique, la démence s’installant dans le fond de ses yeux bleu acier qui commencèrent à rougir :

"Vous n’avez strictement rien à me dire ! Je ne payerais jamais les erreurs de mes prédécesseurs. Ils ont été incompétent pour certain, ont permis une petite avancé pour d’autre mais en aucun cas je ne serais considéré comme responsable de leurs tares ! Et ce n’est pas un homme vêtu pour un enterrement qui va m’annoncer la mort de ce clan ! "

Il s’approcha de Reiji et plongea son regard fou dans celui absent de l’homme aux lunettes noires, provoquant le mouvement des deux hommes prêts à sortir leur automatique de leur holster. Reiji Midô les arrêta d’un geste, amusé de la réaction de Khildar. Il lui sourit et répliqua :

"Ais je sous entendu que nous vous tenons pour responsable ? Qu’importe, nous sommes là pour rattraper le retard que les passations de pouvoirs incessantes ont provoqué. "

Khildar se recula, étonné. Reiji continua, croisant ses doigts ainsi que ses jambes tout en ne lâchant pas du regard cet homme teint de blanc pour continuer :

"Le gouvernement ne fait pas que m’envoyer pour constater les dégâts. Il m’envoie aussi pour les réparer. Une toute nouvelle équipe d’intervention qui a déjà opéré de nombreuses fois dans le secteur du Kentô. Elle viendra s’ajouter à celles déjà existante de ce clan. Elle est composée d’une trentaine d’hommes, dont une dizaine de scientifiques, certains experts en robotiques et autre nanotechnologie. Vous n’êtes plus seul Khildar. Nous allons nous associer pour montrer à ces créatures ce que nous valons. "

L’aristocrate teint de blanc hocha la tête et sourit, sa folie quittant ses yeux. Mais dans sa tête, s’était une rage sourde qui s’élevait. Il n’en laissa néanmoins rien paraître.
Reiji se leva, et tendit la main musclée vers Khildar en souriant :


"Je suis certain que nous ferons ensemble du bon travail. "

Khildar regarda un instant la main, ne sachant que faire, le contact avec cet homme le répugnant. Il préféra s’échapper par une pirouette, se courbant légèrement en portant à nouveau sa main au torse :

"Cela ne fait aucun doute. "

Cachant mal sa frustration, Reiji ramena sa main vers lui et sortit de la pièce, suivit docilement par ses deux hommes de main. Une fois seul, Khildar explosa, au sens littéral du terme. Il émit un hurlement strident puis grave, sa voix se modulant dans des tonalités normalement impossible à émettre pour un être humain. Se tenant la tête entre ses mains, à genoux, il laissait libre cours à sa colère. Ses yeux étaient injectés de sang, rougis par la démence la plus pure. Une aura terrifiante l’entourait, ses démons riant à travers lui. Des émanations brumeuses de sombres couloirs s’échappaient de son corps et venaient cacher la lumière. Il hurlait, hurlait, à en perdre ses cordes vocales.
Pourtant, c’était dans son esprit que sa colère prenait la forme de phrases plus ou moins ordonnées et compréhensible :


*L’enfoiré … humilié … Il m’a ridiculisé … Le hais … Il me hais … je l’exècre … le tuer … mourir … arrogant … putride … soumis … défaite … Il veut me tester … Fucking bastard … Bull Shit … putain de bordel de merdre de mes deux… je vais lui faire voir … Je t’en foutrais des associations ! Je vais me le faire ! Raaaaah !!*

Soudain, sa colère s’estompa pour laisser place à un rire sadique.

*Oui… je vais lui montrer… Et le tuer ensuite … Je dois rester à ce poste jusqu’à ce que je puisse accomplir … ce projet … Mais d’abord …*

Il se frappa violemment la tête au sol. Immédiatement, tous ses démons partirent se réfugier dans leur chambre, le laissant à nouveau plus ou moins libre de ses pensées. Du sang coulait de la plaie mais était de suite aspiré par sa teinture blanche aux propriétés spéciales. Se relevant, il fit craquer les articulations de son cou et réajusta sa tenue. Epoussetant quelques particules qui étaient venues se poser sur sa veste rouge, il prit un air froid et méprisant. Son visage se figea dans une expression glaciale. Il était redevenu maître de lui-même, pour l’instant. Reprenant sa sacoche, il sortit de la pièce et jeta un dernier coup d’œil. Rien ne laissait penser qu’un homme venait de perdre la tête. Satisfait, il ferma la porte et se dirigea vers son bureau, il devait ordonner certaines choses.

En résumé, le clan Shiroi gagnait de nouveaux membres, entièrement rodés au combat contre les immortels et des scientifiques qui allaient développer une technologie plus que bienvenue dans la lutte contre ces créatures.
Des patrouilles allaient être organisées en conséquence dans toute la ville et des points stratégiques allaient être gardé de manières discrète par des équipes de cinq personnes suffisamment armés pour maîtriser un immortel trop dangereux. Bien sûr, la nuit, les lieux gardées par les vigiles appartenant à la Safety Corporation seraient toujours gardés par ces personnes mais ils pouvaient dans la nuit sortir ostensiblement leur armement spécial contre les immortels. Grenades aveuglantes, certaines aux UV, d’autre produisant un son strident continu pouvant rendre fou n’importe quel lycan, d’autre encore projetant des billes électriques qui une fois en contact avec une matière organique répondant aux critères définissant un vampire ou un lycan, produisant un arc suffisamment puissant pour choquer les connections nerveuses et abrutir pendant une durée assez courte mais suffisante pour maîtriser la créature. Naturellement, l’armement classique était aussi de mise. Fusil d’assaut ou arme de poing. Cependant, le jour, tout cet attirail était dissimulé ou réduit. Mais surtout, la consigne était claire : ne pas attaquer un immortel si il n’a pas montré des signes évidents de violence et de volonté de meurtres.
Khildar voulait éviter de tuer des vampires et des lycans innocents, perdus ou qui souhaitaient comme lui une entente entre leurs races.

Cette guerre pouvait se résoudre en coopérant entre les races, il en était certain.

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Thème de Khildar

La folie a un nom ...

LE MIEN !!
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Le renouveau [monopost]

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