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 La semaine de Khildar [monopost]

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Khildar
Chef du clan Shiroï
Chef du clan Shiroï
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Feuille de personnage
Espèce: Humain
Niveau: 10
Clan: Leader du clan Shiroï

MessageSujet: La semaine de Khildar [monopost]   Lun 5 Avr - 0:02

Lundi matin. Clinique St Fabrice. Port.

Un immense manoir dénué de portes et ne possédant que deux larges fenêtres au dernier des innombrables étages. Un style victorien et gothique prononcé. Des pierres usées, du lierre grimpant, des roses fleurissant à certains endroits. Une toiture de tuiles sombres. Une ambiance lugubre. Le tout reposant sur une colline environnée de brumes opaques et épaisses.

L’agitation qui régnait dans les longs corridors tapissés de pourpres était comme à son habitude depuis bien longtemps inexistante. Seuls quelques êtres se risquaient au dehors de leur chambre, décorée différemment suivant les goûts de chacun. L’éclairage ne se faisait que par des torches fixées par des supports en fer noir et ne permettait qu’une faible vision de l’ensemble. Beaucoup de coins restaient dans l’ombre et pourtant, aucun insecte ne s’y trouvait. Pour cause, aucun insecte ne pouvait vivre ici. Malgré son aspect ancien, ce manoir ne possédait aucune toile d’araignée. L’intérieur était, pour les pièces communes comme le salon, la bibliothèque ou encore le bureau, décoré de façon à ce que l’atmosphère étrange et inquiétante du lieu ne perde en rien de sa dimension fantastique. Vieux tableaux accrochés aux murs tapissés de pourpre ou autre couleur sombre, meubles anciens mais d’un goût certain, des arabesques présentes un peu partout.

Un démon entièrement recouvert d’yeux passa dans un des nombreux couloirs et croisa un groupe de trois autre démons, un dont le corps était recouvert de lames, la peau comme enlevée pour ne laisser saillir que la rougeur de sa chair et de ses muscles, un autre habillé comme un majordome, les cheveux noirs et assez longs et un dernier, qui était une démonette en sous vêtements affriolant et qui se déplaçait en se déhanchant, agitant ses cheveux tantôt violet, tantôt rouge ou encore vert. Lors de son passage, le démon recouvert de lames ricana, dévoilant une rangée de canines et lança d’une voix railleuse au démon parsemé d’yeux de multiples couleurs et qui ne pouvaient se fixer sur un point :


"Alors Mu, on se promène les globes ? "

Le démon aux nombreux globes oculaires ne répondit pas, et pour cause, il ne possédait pas de bouche.

"Tu as perdu ta langue ? "

Le démon parti dans un fou rire démoniaque et se fit rappeler à l’ordre par le majordome qui lui intima de se taire d’un regard noir et d’un signe de tête impérieux. Le démon moqueur lui tira sa langue bifide et se retourna pour continuer sa route le long du corridor, levant fièrement la tête. La démonette le regarda un instant et attendit le majordome qui s’excusait auprès de Mu du comportement de l’autre démon. Mu s’inclina en signe de compréhension et poursuivit sa route, l’obscurité des lieux l’aspirant. Le majordome sourit à la démonette peu vêtue et l’invita d’un geste de la main à avancer vers la pièce au bout du long corridor. Elle lui sourit à son tour et ils continuèrent leur chemin côte à côte, lui se tenant droit, marchant avec un air digne, elle avec un peu plus de négligence.

La salle où ils arrivèrent était plus grande que les autres. Haute de plafond, des lustres suspendus pailletés d’or éclairaient parfaitement bien cette pièce. Mais surtout, on pouvait y voir deux larges fenêtres. Cependant, il semblait faire nuit, on ne voyait strictement rien. Quelques fauteuils de cuir ainsi que quelques canapés confortables se trouvaient dans cette pièce. Aucun miroir, pas de tableaux. Juste des murs d’un blanc éclatant, mis à part vers les fenêtres, la teinte virant au bleu acier.

N’étaient présent : le démon moqueur, il se trouvait près de la fenêtre accoudé à un dossier de fauteuil, semblant attendre quelque chose, agitant ses lames pour montrer son préoccupation. Un être tout de blanc de peau, les cheveux teints de blanc mais les sourcils et une barbichette teinte de rouge était son apparence. Il se tenait droit face aux fenêtres, les mains gantées de blanc croisées dans son dos. Il paraissait observer le néant qui se trouvait derrière les larges fenêtres. Le majordome et la démonette se postèrent derrière l’homme en blanc et gardèrent le silence. Il n’y avait personne d’autre si ce n’est un autre être, ressemblant presque traits pour traits à l’homme en blanc. Il se tenait dans un fauteuil et somnolait. La vieille horloge de la salle avait une bien curieuse manière d’afficher l’heure, les aiguilles ne cessant de tourner en tous sens, indiquant une fois 8h45, une autre fois 4h32, encore une autre 5h63 ou même 7h97, le cadran étant assez spécial pour indiquer ce genre d’horaire.

Le majordome s’inclina devant l’être en blanc qui se tenait debout et lui adressa ses respects d’un ton mielleux, l’autre l’arrêtant d’un geste agacé. Quand à la démonette, elle se dirigea vers l’homme endormi et l’admira, ne le touchant pas mais contemplant ce corps si fragile, cette constitution qui ne payait pas de mine. Elle s’assit sur le rebord du canapé où était étendu l’homme endormi et osa esquisser un geste vers son visage, déplaçant délicatement du bout de ses fins doigts manucurés une mèche de cheveux blanches.
Puis l’être de blanc s’exprima en fixant l’horloge qui semblait se stabiliser vers 8h37 :


"Bien, il est temps. "

La démonette leva les yeux devenus rose et prit une mine réjouie et se mit à caresser la joue de l’homme endormi pour le tirer des bras de Morphée. Il bougea à peine. Elle continua, ses caresses passant de ses joues vers les bras, et des bras vers ses cuisses. Elle approcha son visage du sien et lui embrassa le front tandis que ses mains se glissaient sous le tissu blanc qui lui servait de vêtement. Il réagit et écarta les bras, se mettant sur le dos en souriant, somnolant toujours. Elle allait faire bien plus que de simples caresses lorsque le majordome s’approcha et la fixa d’un regard sévère. Elle se leva, affichant sa frustration, et quitta la pièce en faisant claquer ses talons sur le parquet bien qu’elle ne porte pas de chaussures.
Levant les yeux au ciel, le majordome se pencha au dessus de l’homme souriant et lui souffla d’une voix douce :


"Maître, il est l’heure de se réveiller."

L’homme en blanc ouvrit un œil, puis l’autre et répondit calmement :

"Parfait. Nous sommes dans quel horaire ? "

Il s’étira de tout son long en baillant tandis que son majordome indiqua qu’il devait être dans les environs de huit heures passées de la demie. Son maître lui sourit et se leva franchement du canapé et marcha un instant vers son sosie. Il salua d’un vague geste de la main le démon au sourire moqueur qui l’ignora exprès et quitta à son tour la pièce, tordant son corps en tout sens pour que ses lames qui s’entrechoquaient puisse produire des sons organiques et métalliques inquiétant.

Khildar contempla Oscar et se dit que grâce à cet humain, il avait la chance d’exister et de pouvoir assister à ce spectacle. Il s’inclina devant Oscar, accompagné de Laënoris, le démon séducteur aux habits de majordome, pour le saluer avec respect. Oscar sourit et les fit se relever rapidement et se posta aux côtés de Khildar. Ce dernier se trouvait face à la fenêtre de gauche, Oscar ayant celle de droite pour lui. Puis ils s’avancèrent ensemble vers ses fenêtres qui commencèrent à dévoiler de la lumière.
Ils disparurent et Laënoris s’installa dans un fauteuil face aux fenêtres et observa la pièce qui s’offrait à sa vue : une chambre d’hôpital, blanche. Des draps, une lampe murale, des machines. Des murs provenaient les sons : ceux des machines de soin, bruits de couloirs.

Cela faisait depuis deux longues semaines que Khildar était gardé en observation à la clinique privée Saint Fabrice. Bien sûr, Rihlan était venu le voir par trois fois et se faisait clairement comprendre : le directeur de la branche d’information n’était pas entièrement libre de afire ce qu’il voulait et se devait de faire preuve de retenue. Mais pour le moment, l’aristocrate était plus retenu par ses médecins qu’autre chose. Les pratiquants de la médecine trouvaient son cas intriguant et semblait vouloir lui faire passer une batterie de tests les plus sophistiqués qui soient en l’envoyant vers un hôpital plus adapté. Il avait toujours refusé, arguant du repos qu’il devait observer selon leur propre dire. Il était donc coincé dans ce bâtiment mais ne perdait pas de temps. Après avoir fait le tour des infirmiers, il s’était facilement lié avec certains d’entre eux qui le divertissait et qu’il amusait par ses paroles, ses œuvres et son excentricité. On le trouvait original, drôle mais parfois morbide voire franchement inquiétant. Son humeur changeante et si étrange étonnait. Il pouvait passer si facilement du doux compliment à la remarque assassine avec une telle aisance qu’il fascinait.
Ainsi, il disposait d’un réseau d’Ombres au sein même de cette clinique. Des infirmiers, un patient avec qui il s’était mis à discuter autour de diverses sujets jusqu’à ce que Khildar aborde le mythe vampire, le patient avouant avec un air de conspirateur que ce n’était en rien des légendes mais que ces êtres existaient bel et bien et qu’il en savait quelque chose pour avoir été attaqué par l’un d’eux. Il ne devait son salut qu’à un homme solidement armé qui avait combattu avec brio et force le mort vivant. Après une lutte violente, le sauveur avait réussi à mettre à terre le vampire en le décapitant d’un habile coup de sa lame. Il avait conduit la victime traumatisée à la clinique et lui avait dit de garder le secret, l’existence des vampires révélé au monde ne pouvant que créer une vague de panique. L’aristocrate avait été surpris et avait fait remarqué qu’il venait de briser ce secret. L’homme répondit que s’était peut être le cas mais qu’il ressentait, il ne pouvait l’expliquer, une certaine confiance envers Khildar et par conséquent, il pouvait se libérer en un sens de ce secret si lourd à porter.
Il y avait aussi parmi ses Ombres de cette clinique un médecin spécial aussi original que lui qui semblait versé dans un cynisme à tout épreuve. Leur origine anglaise commune les rapprocha facilement et au fil des conversations, il s’était assuré de son soutien et de son aide.

Sa chambre était remplie de fleur et de portrait, les fleurs venant principalement de commandes qu’il avait lui-même faites et les portraits représentant les différents membres du corps soignant, certains étant dessinés plusieurs fois. Dont cette adorable infirmière qu’il faisait rougir par ses compliments mais aussi par ses caresses. Un soir, il y a de cela cinq nuits, il avait passé outre les doutes de la jeune femme et ils s’étaient adonnés au plaisir de la chair. Depuis, elle passait le voir tous les matins pour s’enquérir de son état et surtout pour échanger des paroles passionnées ainsi que quelques furtives mais sensuelles caresses qui parfois lui tiraient des soupires d’aises.

Toutefois, deux semaines, cela commençait à faire trop pour Khildar. Il en avait plus qu’assez d’attendre et souhaitait plus que tout sortir de cette enfer aseptisé et si propre. Bien sûr, il ne blâmait aucunement le personnel, si réjouissant à observer, mais plutôt l’ambiance générale qui transpirait de ces murs.

Il se dressa donc sur ses coudes et ouvrit totalement ses yeux dont les pupilles bleu acier se mirent en mouvements immédiatement afin de se porter sur l’ensemble de la pièce pour capter le moindre changement. Face à lui, un mur blanc. Contre ce mur, un meuble vert pâle. Sur ce meuble reposait quantité de fleurs, bouquets, vases et portraits. Il tourna la tête vers la gauche et pût admirer la mer au loin et le soleil qui commençait sa course dans le ciel, donnant de sublimes teintes violacés à l’ensemble. Il régnait dans la chambre une telle quiétude. Sous la fenêtre était posée d’autres portraits où figuraient les membres de l’équipe médicale, l’infirmière posant de manière séduisante, et d’autres personnes. Tournant alors la tête vers la droite, ses cheveux blancs cassé à cause de la teinture qu’il n’avait pu appliquer suivant le mouvement, il vit les machines qui pouvait le renseigner sur les diverses donnés de son corps en produisant des sons monotones. Derrière elles se trouvaient les étagères où reposait son linge de corps. Rihlan avait eu la bonté de lui apporter des affaires de rechange évitant ainsi à l’esthète une faute de goût en portant plus de deux jours de suite les même vêtements.

Un bruit se fit entendre, c’était l’infirmière qui entrait pour prendre de ses nouvelles.
D’un pas toujours hésitant, sûrement à cause des doutes qui continuaient de l’assaillir sur l’aspect correcte ou non de cette relation, elle avança vers lui et le regardait d’un air bienveillant. Il lui sourit et tendit sa main gantée pour lui faire signe d’approcher.
Elle était blottie contre lui, les yeux fermés, ses mains jouant avec ses cheveux et respirant doucement. Il l’entourait de ses maigres bras et lui caressait les bras doucement. Il fixait le mur devant lui et prononça d’une
voix douce :

"Je vais devoir partir, mais je ne pourrais le faire seul. Voudrais tu m’aider ? "

Elle leva la tête et lui demanda d’un air affolé si il comptait vraiment partir, la laissant seule et les raisons de cette volonté de départ. Il répondit calmement en passant ses mains dans les cheveux bruns de la jeune femme qu’il le devait, un devoir l’appelant et qu’il ne pouvait s’y soustraire. Il lui fit remarquer que son état s’était nettement améliorer, qu’elle pouvait témoigner de sa vivacité et de sa bonne forme et que par conséquent, aucune raison valable ne le retenait ici. Elle rougit aux sous entendus de leurs nuits passées ensemble mais son visage se ferma lorsqu’il énonça que rien ne l’empêchait de partir. Elle répliqua d’un ton cinglant qu’il l’oubliait, qu’allait elle devenir sans lui ? Il y avait pensé ? Il laissa passer la tempête de reproche avec un sourire tendre et l’embrassa pour lui dire ensuite que non, il ne l’oubliait pas, qu’elle restera à jamais dans son cœur et qu’elle pouvait venir le voir quand elle voulait mais qu’elle était assurée que lui, il lui rendrait visite le plus possible, il le lui jura d’un ton solennel. Doutant encore de ses belles paroles, elle se laissant quand même convaincre et lui demanda comment il comptait faire pour quitter la clinique sans autorisation. Il répondit d’un ton léger que ce n’était pas un problème, il connaissait assez bien un des médecins qu’une autorisation de sortie falsifiée ne gênerait pas du tout de faire. Après une dernière étreinte passionnée, il se leva pour aller se laver. Elle le laissa donc, déclinant avec un sourire son invitation à participer à ses ablutions.

Lavé, habillé, coiffé et à l’extérieur de cette clinique, Khildar respirait à pleins poumons l’air marin qui venait lui chatouiller les narines. Tout s’était admirablement passé. Il était dehors, libre avec sa sacoche en cuir à sa main gauche. Il portait des chaussures noires, un pantalon de tissu, une chemise et une veste, tout étant de couleur blanche. Ses éternels gants blancs qui cachaient sa marque sur sa main étaient à ses mains. Il marchait donc à pas mesurés dans le quartier du port, appréciait pleinement le beau temps qui s’annonçait et ne cessait de porter son regard vif sur une quantité de détails qui s’offrait à lui. Commerces, habitations et autres bâtiments aux fonctions diverses étaient plus ou moins rangés le long de rues tortueuses. Plusieurs styles se côtoyaient dans ce quartier, les vieilles échoppes menaçant de fermer jouxtant commerces florissant de compagnies en pleine expansion.
L’aristocrate se désolait des conséquences néfastes de la mondialisation et du capitalisme omniprésent sur les petits métiers et leurs artisans. Bien qu’il appartenait lui-même à la plus grande famille de vente d’armes blanches et une des plus importante dans la production et la vente d’armes de tout types, il gardait une certaine réticence à user des méthodes habituelles pour étendre l’empire financier déjà imposant de la prestigieuse famille BlackSilver.
En premier lieu, ces méthodes avaient suscité pas mal de controverses et de nombreuses démissions ou division au sein de l’entreprise avaient eu lieu. Par ces procédés, il avait pu nettoyer les rangs de la compagnie pour ne plus avoir qu’à ses côtés des membres fidèles qui le suivraient dans n’importe quelles décisions, aussi risquées pouvaient elles paraître. Il avait ensuite restructuré l’ensemble de l’organisation et avait placé les artisans comme clé de voûte de la société. Le principe était simple et dangereux : chaque travailleur produirait une pièce unique, traité avec soin, assurant qualité du produit. Mais un petit atelier ne pouvant fournir toute la planète, il suffisait d’acheter tous les ateliers. Ce qu’il fit. En commençant par Londres, puis l’Angleterre, l’Europe pour finir par la majorité des fabricants d’armes blanches de la planète. Bien sûr, ils ne l’affichaient pas tous, mais il était certain qu’ils travaillaient en partie pour la famille BlackSilver. Dès qu’une commande arrivait, on la classait pour savoir quels ateliers pouvaient produire cette arme. Par exemple, une commande exigeant une trentaine de sabres pour un émirat arabe se voyait traitée de cette façon : on recherchait dans les dossiers de la société tous les artisans pouvant répondre aux critères fixés par l’acheteur comme la solidité, le style etc. Puis on envoyait ensuite les demandes aux diverses ateliers en fonction de leurs disponibilités. Enfin, les commandes arrivaient aux entrepôts et la vente pouvait avoir lieu. De nombreux départements interdépendants étaient sollicités pour accomplir ce travail et l’émirat se retrouvait avec sa trentaine de sabres mais dont l’origine différait pour cinq ou dix d’entre elles.
Voyant son commerce grandissant grâce à ces méthodes, les anciens associés demandèrent naturellement à revenir, ce que Khildar accepta à une condition : qu’ils signent un contrat spécial qui les liaient de manières sûres à la société, impliquant leur propre famille. Le Président de la société BlackSilver approuva les méthodes de Khildar et l’en félicita. Après tout, le même sang noble coulait dans leurs veines et ils se comprenaient parfaitement bien, malgré l’état parfois inquiétant du jeune aristocrate qui subissait le contre coup de sa possession démoniaque. De plus, Khildar peignait, composait ou flânait plus qu’il ne dirigeait l’entreprise, ne participant aux réunions que de manières sporadiques. Mais chacune de ses interventions étaient notables et impressionnantes et ne manquaient pas de rappeler que même si il n’était pas souvent présent, il restait le directeur du Département de Production et de Vente de la société BlackSilver dans la section armes.

Toutefois, Khildar restait un artiste. Au cours de son chemin vers l’orée de la forêt, il rencontra une de ses ombres, un adolescent qu’il avait sauvé du suicide après que celui-ci est vu sa mère tuée par un vampire.
Il l’avait trouvé errant dans la rue avec un couteau à la main, les veines tailladées. Il l’avait emmené de force chez le médecin du quartier, un bonhomme à l’embonpoint flagrant et à la sympathie moins facile. Khildar avait réussi à s’en faire un ami et donc une ombre en découvrant grâce à son flair et son observation le point faible du médecin : la cuisine. L’artiste lui cuisinait donc parfois des plats savoureux qui rendaient le médecin aux courts cheveux bruns enthousiastes et qui faisaient pétiller ses yeux marron tirant sur le vert. L’adolescent soigné, Khildar l’avait laissé dans son mutisme en lui parlant de tout et de rien tout en préparant le dîner, manches de chemises retroussées et un tablier passé autour de sa taille. Lors du dîner (un festin selon Karl, le médecin d’origine allemande), la langue du jeune homme s’était déliée. Ils apprirent donc la vérité, l’attaque du vampire qui avait forcé la porte de leur misérable appartement dans lequel il vivait avec sa mère, n’ayant jamais connu son père. Il s’était caché et en avait honte, n’ayant rien pu faire pour sauver sa mère. Le vampire était parti subitement sans qu’il sache pourquoi. En voyant le corps de sa mère vidé de son sang, allongée sur le carrelage de la cuisine au milieu des ustensiles, il avait pêter les plombs selon sa propre expression et avait saisi un couteau de cuisine qui traînait et s’était tailladé les veines, plus rien ne le retenant sur Terre. Puis, alors que son sang se mêlait à celui de sa mère, il s’était rendu compte de la bêtise de son geste et était sorti de l’immeuble, en quête d’une âme charitable qui pourrait l’aider, le comprendre.
Ce soir là, Khildar était naturellement de sortit et avait donc aidé le jeune Tony, d’origine italienne, Antoine étant son vrai prénom.
Il l’avait donc porté chez son ami médecin allemand et s’était occupé de lui toute la soirée et la journée qui suivait, cuisinant pour eux trois. Ils se lièrent d’amitié, le jeune homme aux cheveux noirs le considérant comme son sauveur. Khildar restait humble et lui rappelait que s’était Karl qui l’avait soigné, pas lui. Tony répliquait que Karl avait soigné ses blessures physiques, mais que Khildar lui avait pansé les plaies de son cœur par ses paroles justes et réconfortantes. Depuis, Tony lui servait d’ombres. Il lui finançait ses études, l’obligeant à s’inscrire à l’université.

Tony se tenait contre un mur, portant veste noire et jean bleu, arborant un sourire jovial en apercevant son sauveur. Il se décolla prestement du mur pour tendre vers Khildar la main. Redoutant la forte poigne, le prudent aristocrate préféra une accolade virile. Piètre choix, son flanc le tiraillant lors de l’étreinte, il était tombé de Charybde en Scylla. Se reculant pour observer à son aise le jeune homme au sourire éclatant, il pensa que l’italien devait avoir beaucoup de filles de l’université lui courant après, voulant ce sourire pour elles seules. Il le prit par les épaules et lui demanda comment allaient les études, la réponse étant claires : tout se passait bien, il avait la joie de vivre et s’amusait. Ils marchèrent côte à côte un long moment, se dirigeant vers le centre ville, passage obligé pour se rendre à la forêt. La circulation devenait plus dense et la conversation s’axa sur le sujet délicat, les vampires. Tony l’informa de certains mouvements qu’il avait remarqué au cours de ces soirées étudiantes, les vampires semblaient nerveux. Khildar le rassura, il venait d’avoir accès à de nouveaux moyens pour contrer les immortels et les créatures nuisant à la société pouvaient se faire un sang d’encre. Ils rirent et se quittèrent en se promettant de se revoir au plus tôt.

L’aristocrate regarda d’un air bienveillant s’éloigner le garçon puis reprit une expression nettement plus sérieuse, effrayante même. Il avait intégré les Shirois. Il pouvait avoir aux archives. Il allait diriger la branche de communication de ce clan, autant en tant que chef du réseau d’informateurs que directeur de la partie marketing ; s’occupant des réceptions, des relations avec la société normale, de la gestions des informations et de la possibilité de les fournir ou non et sous quelles formes aux autorités du circuit habituel.
Il pensait à tout cela et continuait son chemin à pied, sous un ciel dégagé. Il avançait calmement sur le trottoir, les gens le dévisageant avec curiosité. Ce n’était pas souvent que l’on voyait marcher un homme tout de blanc vêtu, mais alors tout de blanc vêtu et teint, que ce soit les cheveux et la peau, c’était très rare, voire pour la plupart la première fois. En même temps, il se dégageait de cette homme à l’air préoccupé une telle aura, noble et malsaine à la fois, qu’on ne pouvait que difficilement l’ignorer.
Ainsi arpentait Khildar la ville côtière.

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Thème de Khildar

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